Un Oeil Dans Bordeaux | Climax festival 2019, le hurlement de l’Amazonie
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Climax festival 2019, le hurlement de l’Amazonie

En ce mercredi 4 septembre, le soleil est au rendez-vous sur les chantiers de la Garonne. C’est dans ce lieu symbolique que nous a donné rendez-vous Philippe Barre et toute l’équipe de Darwin, derrière Climax. Plus qu’une énième présentation de programmation, nous avons vécu un rare moment de connexion, d’empathie mais également de colère et de volonté. En présence du grand cacique Raoni, pas une personne présente n’est repartie sans être touchée, voire transformée. Une édition qui s’annonce nécessaire.

Toujours présent, toujours fédérateur et surtout toujours militant. Pour sa cinquième édition, le Climax festival reste fidèle à son ADN. Faire de la culture un moyen de connecter les humains. Faire des émotions les nouvelles armes de décisions massives et ainsi, participer au changement de notre monde. Parce qu’en soit, il n’y pas d’action à petite échelle, il y a foultitudes d’actions qui font avancer les choses. Et si un festival peut toucher le plus de monde ou être un haut-parleur de ces bonnes actions, c’est bien Climax.

Climax Festival – Du 5 au 8 septembre 2019

Quatre jours durant, du jeudi 5 au dimanche 8 septembre, l’ancienne caserne Niel va vivre au son de la dizaine de concerts, de l’electro des 2manyDJs au hip hop du brésilien Criolo mais aussi et surtout vivra de sa belle et riche programmation conférencière. On se souvient l’année dernière, pêle-mêle, du regard toujours malicieux d’Edgar Morin qui n’a rien perdu de son esprit, nous questionnant encore plus encore sur notre capacité à nous lier, tous ensemble, à l’incroyable vie de Jane Goodall. Et cette année encore est gage de qualité.

Des grands témoins

Parce qu’il est vrai que depuis 2015, le Climax est un OVNI culturel. Quand certains festivals mettaient en avant une programmation se voulant un savant mariage entre conférences et musique, devenant uniquement des festivals de Musiques (comme à Paris ou à Dijon), le Climax lui se métamorphose en festival de conférences. Attention ce n’est pas négatif quand j’écris cela. Aujourd’hui, le public vient certes pour les concerts mais ces derniers deviennent presque accessoires, tant les conférences ont du succès. « On se questionne sur nos rapports avec le monde qui nous entoure au travers de nos invités » atteste Nathalie Bois-Huyghe, co-présidente de Darwin et responsable des conférences. Et cette année encore, il va falloir venir tôt. Edgar Morin (un habitué) débattra avec Nicolas Hulot le samedi 7 septembre sur un thème fort « Dernières nouvelles d’une civilisation en déclin ». On peut citer également William Bourdon (fondateur de l’association SHERPA). Mais surtout c’est la présence – nombreuse – des « autochtones ». Mundiya Kepanga, chef papou, Casey Camp Horinek, représentante de la nation des Poncas en Oklahoma et surtout l’emblématique cacique Raoni Metuktire, grand chef du peuple Kayapo, qui viendra témoigner des menaces qui planent sur notre avenir au travers de la déforestation.

« Ya pihi irakema »

C’est comme cela que les indiens Yanonami expriment leur amour. C’est aussi un profond cri du cœur. « Climax 2019, c’est l’occasion de manifester notre inquiétude, nous dit Philippe Barre, fondateur de Darwin, et l’actualité nous donne raison ». L’élection de Bolsanero au Brésil et les incendies dévastateurs en Amazonie sont sur toutes les bouches. A cet instant, la délégation amazonienne emmenée par l’illustre Raoni arrive et s’installe.

Entre admiration, étonnement et curiosité, pas un mot dans l’auditoire. Nous écoutons simplement. Sans comprendre ce qu’il dit (avant que la traductrice ne prenne la parole), on comprend, on ressent sa force, son amour pour sa Terre, son combat. « Nous ne sommes qu’un seul peuple et je me battrai toute ma vie pour mon peuple et pour notre Terre. Je n’accepterai jamais que l’homme blanc tue de plus en plus d’autochtones pour y implanter ses fermes », clame avec force et émotion Raoni.

La détresse des peuples d’Amazonie – Sebastiao Salgado

« Les animaux, les oiseaux, les arbres, nous appellent au secours, martèle un chef de tribu. Notre culture appartient à la nature. Si elle disparait, nous aussi ». Lorsque vient le moment où la seule représentante féminine de la délégation prend le micro, nous comprenons rapidement le problème actuel. « Bolsanero et son gouvernement veulent notre fin. Nous avons  » un retard de développement «  selon leurs dires ». Pleurs parmi la quasi-totalité de la délégation et de Climax. C’est la détresse de nombreux peuples qui s’exprime devant nous, à Bordeaux. « Il est très difficile pour nous d’avoir des soutiens au Brésil, contrairement à l’Europe ».

Rassembler les consciences pour agir ! Voilà un credo qu’Edgar Morin ne saurait renier.

INFOS PRATIQUES CLIMAX FESTIVAL

Où ? Ecosystème Darwin, 87 quai des Queyries à Bordeaux

Quand ? du jeudi 5 au dimanche 8 septembre 2019

Combien ? A partir de 5€

+ d’infos sur leur site ICI

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