L’atelier afterwork thé & vin – La Cité du Vin

Entre rites, rituels et dégustations, la Cité du Vin propose chaque 2ème jeudi du mois des ateliers autour du vin et du thé. Nous sommes allés à celui tenu le 12 avril dernier.

(Article mis en page en sirotant un thé noir)

 

Autant être honnête, je n’y connais absolument rien en vin. Je ne savais même pas grumer le vin avant d’assister à l’atelier. Le grumage, vous savez, cette technique qui consiste à garder le vin en bouche et faire passer un petit filet d’air pour oxygéner le tout et repérer au mieux les arômes du vin, à coup de « sluuuuurp » fort élégants. Non, je ne savais pas faire ça sans risquer de faire couler le vin le long de mon menton, accentuant le raffinement des « slurp ». Mais c’est chose apprise maintenant, d’un coup d’un seul, sans préambule, et j’ai pu apprécier de manière totalement différente les arômes des vins et thés qui nous ont été présentés. Parce que oui, cette technique dite du grumage n’est pas valable uniquement pour le vin, vous vous en doutez !

 

Introduction

Petite introduction concernant cet atelier sur le vin et le thé : pourquoi décider de présenter ces deux produits qui n’ont d’apparence pourtant aucun point commun ? D’abord, la mythologie les rapproche. Chacune de ces deux boissons possède son dieu référent : Dionysos/Bacchus dans la mythologie gréco-romaine, dieu du vin, de l’excès, de la folie et de la démesure, et Shennong, dans les légendes chinoises qui aurait découvert les vertus médicinales de la feuille de thé. Le premier breuvage apporte la démesure et le lâcher-prise parfois nécessaires à la vie, tandis que le deuxième tente de la préserver et de la soigner. Dans les deux cas, les rituels autour sont très liés au partage (même si le thé jouit d’une meilleure réputation que le vin quand il est bu seul …

DR : Cité du Vin

Traditionnellement, le vin invite à la discussion que ce soit dans sa préparation (sortie des verres, ouverture de la bouteille …) ou dans la dégustation. A contrario, le thé jouit d’un rite silencieux, calme et apaisé.

Lorsque notre intervenante spécialiste du thé, Carine Baudry (de La QuintEssence), prépare les feuilles dans ses Zhongs (oubliez la théière occidentale), c’est un silence religieux qui l’accompagne. On est même hypnotisé par ses gestes empreints d’une réelle sérénité. C’est la lenteur et la tranquillité qui sont ici recherchées, et au milieu d’une semaine de travail chargée, c’est vraiment très appréciable.

Préparation de nouveaux ateliers pour La QuintEssence #cognac #tea #degustation #pairing #plaisir

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L’atelier s’axe sur la découverte, au travers des mêmes codes de dégustation pour les deux boissons : observer – sentir – goûter.  A l’image d’un bon vin, le thé bénéficie d’arômes parfois complexes que l’on ne décèle pas dès l’attaque (le goût perçu par les papilles les 3 premières secondes), mais lors de l’astringence. C’est lorsque tous les arômes prennent la bouche que les saveurs se délient pour notre plus grand plaisir …

 

Maintenant, on déguste !

Nous avons eu la chance de goûter un thé vert semi-oxydé (oui ça existe !) de Taïwan, avec un goût d’épinard à l’attaque, vraiment surprenant, et des notes de fleurs et de mangue sur la longueur et l’astringence. S’en est suivi un vin blanc Pessac-Léognan Château d’Eck qui, à l’instar du thé vert, avait un goût fort à l’attaque, long en bouche avec des notes florales sur la fin. Le parallèle était vraiment très intéressant !

Pour le deuxième verre de chaque, nous avons d’abord découvert un thé noir du Népal venu d’une toute petite coopérative, fort à l’attaque, puis aux nuances rosées et orangées avec un léger goût de fruits cuits. Et c’est un vin rouge chinois très puissant (14 degrés quand même), totalement inhabituel sur nos tables françaises, que l’on a découvert pour y être associé. Goût très fort en bouche dès l’attaque, avec des accents boisés et poivrés ensuite. C’était captivant !

Un verre de blanc, un verre de thé noir, un verre de rouge

Conclusion ?

Etant une bonne buveuse de thé qui depuis quelque temps cherche à améliorer sa consommation (ça fait 6 mois que je n’ai plus acheté un seul sachet de thé en supermarché, que je me fournis en vrac chez les petits commerçants, un peu comme lui que j’aime beaucoup, et que j’essaye d’acheter le matériel adéquat), je souhaitais encore franchir un palier dans l’appréciation de cette boisson. En ce qui concerne le vin, je ne duperai personne en affirmant que j’ai également beaucoup apprécié la dégustation. Je ne m’en cache pas, j’aime boire du vin et mes sens s’ouvrent chaque fois un peu plus, j’appréhende différemment, je prends plus le temps, et c’est précisément ce sur quoi l’atelier portait : savoir apprécier et prendre le temps.

En somme, c’était une bonne initiation avec un joli dialogue entre l’experte en thé et l’experte en vin. Il y avait de la pédagogie sans jamais nous prendre avec hauteur, nous autres, néophytes que nous sommes ! J’ai appris des choses sur la théine, la caféine, les différentes couleurs de thé … Un cours où l’on boit, que demande le peuple ?

INFOS PRATIQUES ATELIER AFTERWORK THE & VIN

Où ? La Cité du Vin : 134-150 quai de Bacalan / 1, esplanade de Pontac / 33300 Bordeaux

Quand ? Chaque deuxième jeudi de chaque mois (entre avril et novembre) à 18h30

Combien ? 18€ en tarif plein / 14,40€ pour les abonnés

+ d’infos sur le site de la Cité du Vin ICI

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